À UN SPHINX


Tu es semblable au coquillage dans l’étang glacial
que n’atteignent jamais les rayons du soleil.
Jamais il ne se hasarde hors de sa coquille,
il ne peut oublier sa prison,
il ne sait que dissimuler
son être le plus profond
et rêver de prouesses
parmi les algues,
mais jamais totalement,
jamais entièrement,
en paroles ou en actes, il ne s’épanche.

Ton discours est chargé d’ironie.
Tu cherches à cacher
sous une froideur simulée
la chaleur de vie qui y demeure.
Mais ta voix tremble
d’une étrange douceur.
Il flotte une rougeur
sous la pâleur de ta joue.
Un océan de feu brûle
en secret
dans ce lieu insondable,
où nul ne pénètre.

Tu es trop fragile, trop sensible et tendre
pour toutes ces dissonances déchirantes :
il te faut une armure
au jeu brutal de la vie.
Tu es semblable au coquillage dans l’étang glacial,
qui jamais ne se hasarde hors de sa coquille,
tellement inaccessible,
si incompréhensible
que nul ne t’approche.


Traduit en français par Caroline Chevallier

Texte original suédois



Copyright © 2004:
Translation from Swedish into French: Caroline Chevallier
May and Hans Mehlin, Layout.

Published with the permission of:
Caroline Chevallier, translation.