L'ENGOULEVENT



La nuit d’été, somnolente
couve en silence ses rêves inconnus.
Dans les marais les eaux luisantes
reflètent la pâle immensité
d’un ciel crépusculaire
où blanchissent les étoiles.
Solitaire dans le lointain
l’engoulevent
chante sa berceuse, sourde et mélancolique.

Jamais vers les hauteurs avec hardiesse il ne s’élance,
il volette maladroitement, prisonnier de sa condition.
Ses ailes duveteuses, crépusculaires
semblent enchaînées au sol,
lourdes de poussière et de terre.
Maudit soit l’oiseau dont les ailes
impuissantes à l’envol,
s’attardent,
irrésistiblement attirées dans la vase, dont elles ont la couleur.

Mais le plus pur des cygnes blancs
dans l’espace lumineux d’un clair matin
suivant sa voie royale,
jamais n’a nourri désir plus ardent
que l’engoulevent.
Nul n’aspire
comme l’engoulevent
aux horizons lointains,
à l’azur qui appelle inlassablement, qui s’ouvre indéfiniment.


Traduit en français par Caroline Chevallier

Texte original suédois



Copyright © 2004:
Translation from Swedish into French: Caroline Chevallier
May and Hans Mehlin, Layout.

Published with the permission of:
Caroline Chevallier, translation.